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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 16:25

 

Avec la sortie de ma première novella, j’ai l’occasion de toucher d’un peu plus près les réalités du système éditorial et de ses limites. Secteur en crise, jeunes écrivains peu payés, manque de visibilité dans un marché qu’on dit « inondé » par trop de parutions… Un auteur débutant se retrouve souvent perdu au milieu des plus grosses pointures sans savoir comment amener les lecteurs à s’intéresser à sa prose. Toute la problématique est là. Jamais le monde culturel n’a offert autant de moyens de communiquer (blogs, Facebook, forums, mise en ligne d’extraits de romans…) mais comment ne pas se noyer dans la masse de ces médias dont la principale limite est justement leur infinité ? Quelle possibilité l’auteur peut-il choisir pour aller à la rencontre de ce lecteur à qui il a tant à dire ? Jusqu’où peut-on aller sans craindre de finir par passer pour un vendeur d’assurance qui glisse son pied dans une porte entrouverte ?

J’ai décidé de poser ces quelques questions à quelqu’un qui est bien placé pour en parler, aussi bien du fait de son expérience d'auteur que de sa formation professionnelle (celle qui fait manger) dans la publicité.


Imaginales10-5.JPGDon lorenjy, Imaginales 2010 ©Josée Zaurin-Casanova

 

Bonjour Don Lo, contente de te recevoir à nouveau en ces pages et merci du temps que tu m’accordes (Don Lo m'avait déjà accordé une interview ici).

Tout d’abord, revenons sur la question de la rémunération de l’auteur. Même si ce n’est pas le thème principal de ce billet, bien des lecteurs sont surpris quand ils apprennent la part des ventes qui revient au premier maillon de la chaîne, à savoir l’auteur. Quand on commence à naviguer dans le monde de l’édition et à avoir quelques chiffres, on comprend l’aigreur ou la révolte de certains écrivains. La communication est justement un des posts qui mange le plus le prix de vente du livre (et le rend trop cher pour bien des bourses) : part des libraires, des diffuseurs, même une place dans un salon a un coût que la plupart des lecteurs n’envisageraient pas une seconde ! Tu as développé sur ton blog certaines théories sur des façons d’organiser totalement différemment cette chaîne, qu’il s’agisse de livres communs ou d’un système de licence générale où le lecteur choisirait lui-même quel auteur il souhaite rétribuer. Bien que je ne partage pas toujours ces visions, je trouve qu’elles ouvrent des perspectives toujours novatrices sur la base desquelles il serait bon de réfléchir. Peux-tu nous résumer ici quelques-unes de ces pistes de réflexion ?  

 

 

Il faudrait demander à de vrais spécialistes de la question, parce que je n'ai, moi aussi, que des questions dans ce domaine. L'une d'elle tourne autour du prix du livre papier : beaucoup le trouvent trop cher, et c'est vrai si l'on considère le livre comme un bien de consommation jetable. D'où mon envie de proposer des objets livres plus beaux et plus chers, mais partageables entre plusieurs propriétaires qui ne payeraient individuellement qu'une somme modique. Envie développée un peu là : http://lorenjy.wordpress.com/2010/03/02/autres-considerations-sur-le-prix-du-livre/ mais qui est appelée à rester marginale.

Quant à la rémunération en numérique, l'idée n'est pas de moi, mais de Peter Sunde, un gentil pirate qui propose un système d'affectation libre d'une taxe commune payée par les internautes, le Flattr. C'est là : http://flattr.com/ et c'est assez simple comme concept. Disons que chaque mois chacun paye 1 euro de taxe « création » et clique sur un bouton présent sur tous les contenus qu'il charge depuis le ouèbe (texte, musique, vidéo, jeu...) : son euro sera divisé entre tous les émetteurs de contenus sur lesquels il a cliqué. Si j'aime ce que j'ai eu, je clique, ça ne me coûte rien de plus. Si je n'aime pas, pas de clic. Le montant de ma contribution reste le même, il ne va qu'à ce que j'ai aimé, c'est tout. Personne à ma connaissance n'a proposé de meilleure solution pour la rétribution réelle des créateurs. Il suffirait juste de se mettre d'accord sur le montant de la cotisation et sur les modalités de paiement des sommes réparties. Qui a dit facile ?

J'aime bien aussi ce que tente e-Bélial, en faisant confiance aux lecteurs au lieu de se barder de protections. Il reste sans doute des défauts, notamment une transposition un peu trop directe de l'économie du livre papier à l'économie numérique (ce n'est pas moi qui le dis, mais Ayerdhal), mais une idée qui va dans un sens positif reste mieux que pas d'idée du tout. Surtout en termes de communication, d'ailleurs : chaque acteur dont l'offre se démarquera en termes commerciaux comme en termes techniques bénéficiera d'une campagne de communication efficace au moins pour l'impact. Mais comme toujours, il faudra que le contenu suive.

 

 

Penses-tu qu'avec les nouvelles opportunités que nous offre la communication, un auteur peut plus facilement se priver d'un éditeur ?

Je crois que certains en rêvent. Moi, pas du tout. On pourra me reprocher, par cette réponse, de faire de la lèche aux éditeurs. Tant pis.

Maintenant, je m'explique. « Se priver d'un éditeur » est la bonne expression. Selon ma brève expérience, l'éditeur n'est pas celui qui vous pique vos droits d'auteur et dont on peut se passer. L'éditeur, c'est celui qui vous aide à faire monter votre texte au niveau de ses exigences propres, ses exigences d'éditeur, celles qui lui permettront de mettre son nom ou son logo à côté de celui de l'auteur. De cela, je ne peux pas me passer. Ce serait me priver d'un point de vue, non pas idéal, mais orienté vers un objectif précis.

J'ai croisé des auteurs qui pensent pouvoir se passer des éditeurs pour la partie publication, et se priver de son apport éditorial en le remplaçant par des béta lecteurs en qui ils auraient confiance. Mais quel sera l'objectif d'un béta lecteur ? Dans quel sens fera-t-il évoluer le texte ? Quelle marque y apportera-t-il ? Quel sera son poids si l'auteur n'est pas d'accord avec ses remarques ?

Ce que je cherche chez l'éditeur, c'est une sorte de coach qui fixe certaines règles, siffle les fautes et siffle aussi la fin de la partie : à lui de me dire lorsque le texte est au niveau de ses objectifs de publication. À moi de jouer la partie pour en arriver là.

Ce type de partenariat ne change pas avec l'évolution en numérique. Il me paraît au contraire devoir se renforcer. Si on imagine une explosion de l'offre de textes en numérique, chaque lecteur choisira – il me semble – selon trois critères : la proximité (les textes de mes copains), les centres d'intérêts (filtrés par les prescripteurs) et les marques (ce qu'on sait ou croit savoir de l'émetteur du texte). Ces marques pourront être des auteurs phares, des collectifs d'auteurs suffisamment structurés, ou des éditeurs. Un éditeur qui se définit en tant que marque, avec une offre bien cernée en terme de genre, de démarche éditoriale, ou de lectorat, sera un critère de choix toujours identifiable pour ses lecteurs potentiels... ou ses non-lecteurs. Pour l'auteur, c'est important à au moins deux niveaux : il sait à l'avance si ce qu'il écrit (ou peut écrire) correspond à ce que publie cet éditeur, et il sait ensuite que si l'éditeur choisit de travailler avec lui il accèdera au lectorat sensible à cette marque éditoriale.

Bien sûr, cela suppose que des éditeurs réfléchissent en termes de marque sur le marché numérique, définissent leur positionnement... et s'y tiennent. Il me semble que le langage fréquent des éditeurs aujourd'hui, consistant à clamer « je publie ce qui me plaît, je ne marche qu'au coup de cœur », ne sera plus un argument suffisant pour se distinguer dans cette future grande « foire à tout » du numérique. Pour un auteur, cependant, je trouve qu'il est encore difficile de penser sa prose comme un produit. Je ne sais même pas si c'est souhaitable.

Disons que les moyens de communication et de mise à disposition des textes permettront j'espère de faire cohabiter une approche marketing avec une approche plus expérimentale ou artistique, dans son contenu comme dans son approche du public.

 

En ce qui concerne ce poste très onéreux de la communication, il semblerait que dans ce marché surbooké, il ne fasse même pas toujours preuve de son efficacité. Les diffuseurs ont un mal fou à obtenir une place sur les étagères des libraires entre les grosses sorties people (j’ai pas dit « pipeau » !) du moment. En tant que publicitaire, es-tu parfois surpris ou déçu de ce qui est fait (ou n’est pas fait) en matière de com ?

 

 

Comment être déçu ? La communication dont j'ai connaissance étant arrivée jusqu'à moi, elle a fait son boulot. Si le livre ne m'intéresse pas, ce n'est pas un problème de communication. Seuls les efforts qui ne me sont pas parvenus alors que j'aurais pu être intéressé par un livre peuvent être considérés comme des échecs.

Je dois bien reconnaître que très peu de communication pour des livres me parvient. Quelques annonces dans la presse, des bandeaux sur des sites Internet et des mails directs d'éditeurs, c'est tout. Soit je ne suis pas identifié comme cible, soit les cibles sont difficiles à toucher directement. Je penche pour la seconde hypothèse.

J'ai l'impression que seule la communication passant par les prescripteurs a prouvé un peu d'efficacité. Cela exige presque de la cible qu'elle aille chercher elle-même l'information en lisant les critiques, en cherchant sur le Net, en zonant sur des forums... Ce qui prouve bien que le livre n'est pas un produit comme un autre, au moins pour la grande majorité de la littérature.

Réfléchir à sa communication d'un point de vue professionnel, c'est un peu se demander qui chaque livre peut intéresser, et comment toucher cette cible individuelle efficacement, tout en évitant ceux que le livre pourrait décevoir car ils deviendraient des détracteurs.

Compliqué. Mais faisable, grâce notamment à des outils de suivi sur Internet.

Seulement voilà : je n'aime pas trop ça, cette impression d'être suivi, connu dans chacun de mes goûts, considéré à chaque seconde comme un acheteur potentiel... Et finalement, je préfère presque une démarche inverse, qui consiste à laisser le lecteur remonter jusqu'au livre, par ses propres moyens. Comme cela se pratique depuis longtemps, malgré les efforts des communicants.

 

 

Tu as pris toi-même l’initiative d’une certaine promotion (présence sur Internet, communication sur ton blog et même un jeu  pour la sortie de ton recueil), as-tu reçu l’accueil que tu espérais ? De la part du public ? Et en général de la part du monde littéraire qui ne semble pas toujours aimer la communication poussée ?

 

J'ai un peu l'impression que Blaguàparts, s'il a été lu, l'a été malgré mes efforts. J'ai dû mal m'y prendre... ou alors, comme je l'exprimais précédemment, il n'y avait pas de façon de bien s'y prendre.

L'auteur, en France du moins, n'a semble-t-il aucune légitimité à promouvoir son propre livre. Je le savais, mais je m'étais dit, d'une part qu'il s'agissait d'un recueil avec un ton humoristique, et d'autre part que j'étais déjà identifié comme un zozo capable de tout. Cela n'a pas suffi a désamorcer les réticences, il n'y a eu que très peu de curiosité. Le milieu s'est aussi peut-être senti agressé et je tiens ici à lui adresser toutes mes excuses (Blaguàparts c'est bon mangez-en !), ainsi qu'à Griffe d'Encre pour cet échec subi par ce qui devait être un succès de librairie international, n'est-ce pas ?

Les quelques chroniques dont j'ai eu connaissance étaient enthousiastes, mais n'ont pas, elles non plus, généré de bouche à oreille ou de commentaires. Je laisse de côté la qualité ou l'absence de qualité du livre pour m'intéresser à la seule communication : les lecteurs de notre (tout petit) milieu n'aiment pas se faire prendre en holdup, même pour rire. L'autre communication, celle qui suit les canaux traditionnels (prescripteurs, en l'occurrence), perdra son potentiel.

En revanche, l'accueil du « vrai » public, celui que je croise en librairie et qui peut-être n'yhttp://www.griffedencre.fr/catalog/images/blaguaparts.jpg connaît rien à la SF ou à l'humour (tapez-vous sur les doigts... si ça vous fait rire, continuez : c'est de l'humour), a été positif en termes de communication.

Quelle communication ? La couverture, bien sûr, qui a été pourtant bien décriée sur certains forums spécialisés. Sa tonalité rouge vif, son style BD et son thème un peu agressif attirent l'œil et la main du chaland. La 4ème de couverture fait assez bien son travail aussi, surtout le chiffre inscrit en bas à gauche. Je me suis donc autorisé à conclure que, si la communication ne va pas jusqu'au public, un bonne couverture et un prix attractif restent des atouts à ne jamais négliger. Et je suis assez content d'avoir obtenu que le deuxième Djeeb soit vendu moins cher que le premier.

 

La fameuse couverture

 

À ton avis, quelle doit être l’optique d’un auteur qui essaie de vendre ses livres ? Doit-il se contenter d’écrire et de laisser toute la partie communication à son éditeur ? Sinon, jusqu’où peut-il aller pour se démarquer dans un catalogue souvent très chargé ?

 

Déjà, l'auteur peut discuter avec son éditeur. Même si certains éléments paraissent figés par le contrat, il est toujours possible d'évoquer le prix, le tirage, la couverture, le nombre et le mode d'attribution des exemplaires envoyés en Services de Presse (SP), la date de sortie... Tout cela intervient dans la communication, et de façon beaucoup plus efficace que les gesticulations.

Ensuite, l'auteur peut se demander froidement à qui son livre s'adresse, ou quel est son objectif. S'il pense pouvoir intéresser un public élargi (pas en nombre, mais en diversité), s'agiter dans un bocal restreint me paraît a priori contre-productif, puisque ses voisins de bocal vont le regarder d'un sale œil alors que ceux de l'extérieur ne verront rien. On peut essayer de sortir du bocal, chercher des prescripteurs accessibles (blogueurs, journalistes...) et leur proposer le livre, si l'éditeur est d'accord pour leur adresser un SP, rencontrer des libraires, des bibliothécaires, des clubs de lecture... Il y a un risque – se tromper et être mal perçu aussi à l'extérieur – mais il n'est pas énorme. Et c'est à l'auteur de le prendre : l'éditeur ne peut pas se couper de son lectorat habituel pour tenter un coup à l'extérieur.

Après, « jusqu'où aller ? » est une question à laquelle chacun apportera sa réponse selon sa personnalité (ou son physique : je ne me suis pas autorisé la vidéo strip-tease), ses moyens (j'aimerais, la prochaine fois, mieux utiliser les supports sonores qui me paraissent sous-exploités au profit de l'image et du texte) et le temps qu'il pourra consacrer à cette activité. L'auteur solitaire, laissant son texte aller ou non vers le lecteur sans s'en mêler, n'est pas une vision si fausse ou caricaturale. Plus on communique et gesticule, moins on écrit. Je le sais, je le sens, mes projets se bousculent derrière l'écran pendant que je cherche quelque chose d'intelligent à te répondre.

 

 

Toi-même, es-tu particulièrement content de certaines de tes initiatives ? Y a-t-il au contraire des choses que tu regrettes ?  

 

Non, rien de rien... je regrette juste les lecteurs que j'ai pu perdre en les gonflant chaque fois que je me mets en avant au lieu de laisser parler le livre, et ceux que j'aurais pu gagner en sachant mieux les toucher.

En gros, ce dont je suis le plus fier c'est toutes les petites choses qui m'ont mis en contact direct avec des gens qui pourraient lire mes histoires. Cela va du fait d'oser dire à mon voisin que j'écris, à la participation à tous les salons ou dédicaces auxquels on m'invite, en passant par la réponse personnelle à chaque critique ou chronique. Tout ce qui tisse des liens me plaît plus que la communication de masse. Dans ce cadre, je regrette un peu de n'avoir pas plus cherché à faire vivre les textes de façon sonore, en enregistrant des extraits, tout simplement. Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que la voix de l'auteur, sur son propre texte (mais sans sa gueule), peut permettre à l'auditeur de mieux pénétrer son imaginaire et s'y projeter, comme le fait si bien la radio. J'y vois une opportunité de relation plus directe et sensorielle.

Bref, on doit faire la différence entre la communication commerciale ou statutaire, du ressort de l'éditeur, et la communication personnelle de l'auteur, plus proche du courrier intime que du spot télé.

 

Le jeune auteur se retrouve souvent dans une position d’autant plus délicate qu’il lui faut d’abord convaincre un premier « client » à savoir l’éditeur, et ensuite le lecteur. En ce qui concerne le premier, nombre d’auteurs pensent que la participation à des Appels à Textes pour voir paraître des nouvelles est un premier pas pour attirer l’attention des éditeurs. De par ton expérience, qu’en penses-tu ? En dehors de toute considération de plaisir d’écrire ou d’affûtage de sa plume, penses-tu vraiment qu’une bibliographie de nouvelles étoffée puisse taper dans l’œil d’un éditeur ?

 

http://www.griffedencre.fr/catalog/images/ouvre-toi.jpgOui, je le pense, mais je peux me tromper. C'est peut-être moins direct que « grâce à la publication de mes nouvelles, un éditeur s'intéressera à mon roman ». Mais quelques textes parus permettent de montrer sa capacité à travailler avec un éditeur dans un objectif de publication ce qui est très différent à mon sens du travail sur un texte avec des béta-lecteurs sans autre souci qu'un hypothétique idéal de qualité – et permettent aussi d'exister dans un bouillon, certes court, mais à la température duquel certains professionnels peuvent être sensibles. Cela n'aidera jamais à publier un mauvais roman, juste à ne pas être noyé dans la pile des manuscrits reçus par la Poste. C'est déjà pas mal.

 

 

Ouvre-toi, la première anthologie (Griffe d'Encre 2007)

qui m'a permis de faire connaissance avec la plume de

l'auteur

 

Quant au lecteur, que penses-tu des moyens modernes qui permettraient d’aller vers lui ? Lesquels te paraissent judicieux ? Lesquels pourraient le desservir ?

 

Nous venons d'en parler à la Convention SF et F de Grenoble. Les outils sont tous bons. Aucun n'est à négliger. Mais il ne faut pas faire confiance qu'à l'outil : la vraie chose importante, c'est le contenu, le message. Si le message n'est pas bon, que ce soit par Twitter ou par pigeon voyageur, il ne passera pas. D'après mon expérience personnelle, parler de soi avant de parler du livre n'est sans doute pas le bon contenu. Vouloir faire rire autour d'un livre censé être drôle n'est pas bon non plus – surtout si l'on choisit le comique de répétition – il y a redondance.

D'une manière générale, que les moyens soient modernes ou antédiluviens, on ne communique pas pour faire le malin, mais pour donner envie de quelque chose. Quand il y a une vraie adéquation entre l'auteur et le livre – pensons à Sire Cédric, par exemple – parler de l'auteur ou le mettre en avant n'est pas idiot. Mais dans la plupart des cas, j'ai l'impression que le livre doit passer d'abord. Ce qu'il contient avant même sa couverture. Être capable de répondre au débotté à la question d'un inconnu « Votre livre, il raconte quoi ? ». Une fois que l'on saura dire, de façon simple mais pas trompeuse, quelle expérience le livre propose, on aura un bon message à communiquer par tous les moyens. Et surtout, on sera prêt à adapter le message au support.

C'est idiot, j'ai l'impression de réinventer le fil à couper l'eau tiède. Rien ne m'arrête...

 

 

Il ne me reste qu’à te remercier encore une fois de ton temps et te laisser un peu de place pour nous parler de ton actualité. Ça se présente comment cette carrière d’écrivain ? Une chance d’acheter une assiette en carton (avant d’envisager les épinards et, un jour, peut-être, avec beaucoup de chance, la noisette de beurre à mettre dedans) ?

 

Je n'ai pas de carrière d'écrivain devant moi, mais des opportunités qui se présentent et la chance de pouvoir leur consacrer un peu de temps. Enfin, la chance... le choix, aussi : le choix de ne pas passer tout mon temps à aller gagner plus d'argent autrement.

Les opportunités, donc. Elles sont économiques, puisque la région Rhône-Alpes m'a octroyé une bourse pour achever un projet de littérature générale ; éditoriales, grâce à Mnémos qui ne refuse pas à priori un troisième Djeeb, grâce aussi à un autre éditeur qui accepte de travailler avec moi sur un projet de fantasy ; et personnelles quand je m'aperçois que j'ai encore des trucs à écrire. Je ne me suis jamais dit « je vais être écrivain ! », mais plutôt « j'ai envie de te raconter cette histoire, ou de te communiquer cette émotion... ». Voilà, j'ai encore envie, alors je continue.

Côté parutions, il va bientôt y avoir Bout de Route, dans l'anthologie Arcanes chez Voy'el, Toumaï Transfert et Toumaï Tango, deux nouvelles (!) dans l'anthologie Afrique(s) chez Parchemins & Traverses, et Djeeb l'Estoqueur dans l'anthologie De Capes et d'Esprits chez Rivière Blanche.

Mais surtout je planche sur une anthologie de textes « sans arme, sans haine et sans violence ». J'y invite une dizaine d'auteurs confirmés à relever ce défi narratif et donner envie de l'avenir ou de l'ailleurs qu'ils imaginent. Un petit livre pas cher, qui sera publié avec l'aide de Jérôme Vincent chez ActuSF, probablement fin 2011.

http://forum.parcheminstraverses.fr/download/file.php?id=64

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Published by isa - dans Témoignages
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commentaires

A.C. de Haenne 15/09/2010 21:53


Bravos et merci à vous deux pour cet échange très clair et bien dit sur le thème : "Comment faire en sorte que son livre soit acheté sans avoir l'impression de vendre une boîte de petits pois
?"
Instructif.
C'est vrai que cette couverture rouge est d'un goût exquis...

A.C. de Haenne


isa 15/09/2010 23:09



"Comment faire en sorte que son livre soit acheté sans avoir l'impression de vendre une boîte de petits pois ?"


Super bien résumé, j'adore !



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  • isa
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)

Paru !

http://www.griffedencre.fr/IMG/cache-200x307/PC_200-200x307.jpgMa première novella est enfin parue !

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Les premiers avis ici !

Un Article En Particulier ?