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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 17:06

S'il y a une qualité que je peux me reconnaître (c'est pas souvent, alors je me permets), c'est d'être quelqu'un de travailleur. Je ne crois pas avoir un talent particulier à l'origine pour quoi que ce soit (allez, les maths peut-être, et encore...), mais j'ai toujours essayé de travailler pour aller aussi loin que je le pouvais dans la voie que je choisissais. En dessin, ça n'a jamais dépassé quelques imitations pas trop mauvaises de dessins déjà existants (après des mois et des mois de boulot acharné). En matière d'écriture, je ne sais pas jusqu'où je suis capable d'aller, mais je sais que le travail, la remise en cause perpétuelle de ce que j'ai accompli est une condition indispensable pour avancer.

Ma récente réflexion autour de Cocyclics m'a alors amenée à approfondir les raisons pour lesquelles je ne pouvais pas travailler dans le cadre de ce forum. D'autres auteurs ont expliqué qu'ils avaient déjà un réseau de bêta-lecteurs suffisant. Je le comprends très bien. Mais ce n'est pas mon cas. J'ai deux bêta-lecteurs réguliers que j'adore et qui lisent tous mes textes (s'ils passent dans le coin, je les en remercie), j'en ai d'autres moins réguliers. Eux-mêmes n'étant pas auteurs ou écrivant moins que moi, j'ai du mal à les solliciter trop souvent (j'écris parfois *beaucoup*) parce que je ne peux pas leur rendre la pareille. Il m'arrive d'être absolument incapable de me faire une idée sur un de mes textes (dans 90% des cas, en fait), si celui-ci n'est pas dans les goûts de mes relecteurs habituels (ce qui arrive) je ne peux pas savoir ce que le texte vaut vraiment. En fait, je manque d'avis divergents. Et, au stade où j'en suis (j'y reviendrai dans un autre billet), j'ai besoin de ça. J'ai besoin de changer, de me renouveler et de savoir ce que je vaux dans des registres un peu différents de ce que j'ai fait jusqu'ici.

Et donc pourquoi pas Cocyclics ? Je m'en suis ouverte sur leur forum, expliquant par le menu les raisons qui ne me permettaient pas de travailler sur le forum. En allant au fond des choses, je me suis rendu compte qu'une fois encore, ce n'était qu'une question de travail. Le travail le plus difficile qui soit : celui qu'on fait sur soi-même et ses propres angoisses.

J'ai donc posté mon premier texte sur Cocyclics aujourd'hui et, au lieu de guetter comme une malade les premières bêta-lectures, je vais gentiment déconnecter mon PC et retourner travailler sur mon texte actuel.

Si j'ai posté ce billet dans la section "conseils" et pas dans "mon actualité" ce n'est pas pour vous dire "Il faut aller sur Cocyclics, absolument, quelles que soient vos objections." Non, c'est uniquement parce que ça m'a fait réaliser que le travail d'auteur (ou du moins la démarche qui consiste à essayer de transformer le plaisir d'écrire en un véritable travail "d'écrivain") ne consiste pas seulement à travailler son style, ses manuscrits et ses idées. C'est aussi une constante confrontation avec nos propres peurs: parce qu'écrire, c'est s'exposer. Pour certains, ça va être la peur des critiques, ou des dédicaces, ou du travail éditorial... Pour moi, c'est la peur de confronter mes écrits à des avis divergents alors qu'ils n'ont pas encore "séché". Imaginez un béton tout frais et encore tendre autour duquel vous ne mettez pas de barrière. J'avais peur du piétinement sur ma plume encore fragile, la peur de me lisser pour plaire à tout le monde parce que je manque encore de confiance en moi... Plein de peurs difficiles à synthétiser au final. Le fait est que je les ai virées, ces peurs-là. Peut-être parce que quelque part, un ado plaque des accords improvisés sur une guitare électrique et que je me sens encore un coeur d'ado qui veut n'avoir peur de rien.

http://cmalojikamoi.c.m.pic.centerblog.net/27lhv6go.jpg

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commentaires

Oph 27/06/2011 09:52


Tu verras, Isa : ça ne grandit pas vite pareil de partout, les enfants. Mon fils de huit ans me pique mes chaussures, mais c'est encore un grand bébé qui suce son pouce et regrette que depuis qu'il
a passé les 35kg, je ne puisse plus le manipuler dans tous les sens comme je fais avec sa petite soeur.
Quant à mes autres bébés, ceux en texte, c'est bête, mais je préfère continuer à décider moi-même à qui je les fais relire. Mon "réseau", bien sûr, mais aussi un certain nombre de nouveaux à chaque
fois, parfois de parfaits inconnus. Juste pas tout un forum. C'est moins de la crainte qu'un besoin de garder la main tant qu'une version "définitive" n'est pas dans la boîte.
Un choix personnel, dans tous les cas.


isa 27/06/2011 10:33



Mais non c'est pas "bête". Pendant des années, on m'a proposé de faire des ateliers d'écriture sur forum, on m'a dit "mais pourquoi tu refuses ?" comme si c'était une preuve que j'étais une
flemmarde qui ne voulait pas s'améliorer, ou comme si je me jugeais trop douée pour avoir besoin d'un regard extérieur. Ça n'avait rien à voir. Je ne pouvais pas travailler comme ça. Révéler mon
texte en "public" alors qu'il n'était pas prêt, ça me bloquait. Maintenant, je me suis bloquée toute seule comme une grande (pour des raisons cons que j'expliquerai dans un autre billet) et j'ai
tenté Cocy parce que ça pouvait peut-être me débloquer. Ça semble être le cas. Ça répond au besoin que j'ai, moi, aujourd'hui, et je suis très heureuse d'avoir trouvé ça. Ce qui ne signifie pas
que cette solution soit la meilleure pour tout le monde. D'ailleurs Cocyclics n'a pas cette prétention (d'être la solution ultime pour tout le monde).


Dans un boulot alimentaire, il arrive qu'on t'envoie à une formation qui ne t'apporte absolument rien. Elle peut être super intéressante, mais à toi, en particulier, elle ne t'apporte rien
(méthode de travail qui n'est pas la tienne, compétences déjà acquises, etc...) Pourtant, tu y vas parce que tu es payée pour ça. Un des rares avantages qu'un auteur soit si mal payé, c'est que
personne ne peut t'imposer quoi que ce soit avant le contact avec l'éditeur (cette part du travail qui n'est pas payée). Tu écris ton manuscrit comme tu veux et c'est le résultat qui est jugé
uniquement. Cette liberté est une des rares chances qu'on a en tant qu'écrivain, alors tu n'as pas à justifier tes choix à ce niveau.


Pour ce qui est des enfants, la maturité des miens va être de toute façon très atypique ^^



Laurent Gidon 25/06/2011 23:35


C'est bien ça.
En plus, mon fils à la guitare n'a que 10 ans tout frais (comme ton béton) : ça te fait un coeur encore plus jeun !
Et puis, "auteur intermédiaire", c'est celui qui fait passer les choses, non ?


isa 26/06/2011 09:38



Là, je m'incline bien bas.


(Et désolée d'avoir vieilli ton fils. Les miens sont si jeunes que dix ans, ça me paraît déjà un ado ^^)



Lael 25/06/2011 20:41


c'est pas faux tout ça, je dirais même que c'est judicieux. Dans mon cas ça doit expliquer pourquoi je travaille en solo. Je ne me sens pas prête au regard extérieur sur mes textes. Pourtant j'ai
connu ça, il y a longtemps, sur des jeux de rôles, mais c'était différent : le texte était publié une fois achevé, et je ne me prenais pas trop la tête avec, ça restait souvent à l'état de premier
jet.
M'enfin je me suis promis de tester le système des forums avec des AT. Mais j'ai d'abord un projet perso de roman, disons qui me sert de thérapie, donc je le finit d'abord (autant dire que c'est
pas pour tout de suite lol. Au moins ça me donne une obligation/excuse pour écrire régulièrement. C'est mon projet de l'été, j'espère l'avoir bien avancé à la rentrée ou je vais déprimer lol 45
pages en un mois, c'est plutot un bon score pour moi, faut que je me dérouille)
En fait ça dépend aussi du pourquoi on écrit : si c'est un texte pour soi ou pour les autres. Là c'est trop perso pour que je le partage, je ne sais même pas si je vais l'imprimer lol


isa 26/06/2011 09:37



Tu as raison d'utiliser l'écriture pour ce qui te tient à coeur et te fait du bien. C'est ça son but premier. Les AT et Forums attendront que tu sois prête, si un jour l'envie te vient (ce qui
n'a rien d'obligatoire de toute façon)



Daelf 24/06/2011 21:21


C'est un point important, ça. Merci de l'avoir rappelé... parce que même si je l'ai toujours eue, cette peur de montrer, en ce moment elle se change insidieusement en une peur d'écrire. Tiens, je
crois que je vais e faire une note sur mon propre blog, histoire d'y réfléchir un peu.
Merci encore.

/D.


isa 24/06/2011 22:42



Tu as touché le point sensible. Précisément ce qui me bloque actuellement et sur lequel je ferai un autre billet. Ou la galère d'être un auteur "intermédiaire" (pas celui qui a acquis assez de
confiance en lui, pas celui qui a tout à prouver et rien à perdre : celui qui a l'impression d'avoir créé une petite réputation parmi ses lecteurs et qui a peur de briser ce fragile début)



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  • isa
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)

Paru !

http://www.griffedencre.fr/IMG/cache-200x307/PC_200-200x307.jpgMa première novella est enfin parue !

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