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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 08:06
Une réaction à mon précédent billet m'a donné envie de parler un peu de mon amour pour notre langue. J'ai adoré étudier d'autres langues que le français et j'aime toujours faire des recherches sur les autres langues parce que, au-delà de leur musique, je trouve qu'elles ont chacune un esprit.
La question que je me posais était relative à la traduction, parce que quand on traduit une oeuvre d'un auteur étranger, je trouve parfois difficile d'en garder l'esprit en traduisant tout, justement parce qu'un mot ne peut être réduit à sa traduction. C'est pour la même raison que je trouve très important de préserver les langues. Si nous parlions tous la même langue, nous perdrions une partie de notre identité en perdant certains de nos mots.
Pendant longtemps, j'ai été rebutée par la défense des langues qui m'évoquait la défense du corse sur mon île natale : langue que je ne parlais pas et dont la disparition ne me paraissait pas dramatique. C'est une nouvelle dans une anthologie qui m'a fait repenser à la question (Les graines perdues, par Loïc Henry, merci à lui). J'ai imaginé qu'un jour on décrète que tout le monde devait parler anglais pour faciliter les échanges commerciaux (un monde où l'économie de marché l'emporterait sur la culture, ne me dites pas que ça vous paraît absurde). On infligerait ensuite aux français "archaïques" ce qu'on a infligé aux corses en leur temps : frapper ceux qui parlent la langue, pousser à la délation (anonyme) ceux qui ont vu un camarade parler corse dans la cour de récréation, etc...
Cette affiche qui m'a été montrée par une amie très intéressée par la défense du breton est assez significative là-dessus :

http://adsav.partipolitique.org/fichiers/42/affiche-interdit-parler-breton.jpg
Imaginer qu'un jour mes petits enfants pourraient se moquer autant de mon désir de défendre le français que je me suis moi-même moquée du corse quand j'étais jeune, ça m'a fait un peu froid dans le dos.
On peut penser que le problème n'est pas d'actualité mais quand je vois le peu de générations qu'il a fallu pour que le corse soit au bord de la disparition, je me dis qu'il est bon d'y penser parfois.
Ça ne change pas grand-chose à ce que j'ai dit sur les traductions. Pour ma part, je pense que la meilleure façon de respecter la langue et la culture française est d'essayer de publier au maximum des auteurs francophones qui ont généralement un vocabulaire plus riche, notamment parce qu'ils luttent constamment contre les répétitions, ce qui est beaucoup moins le cas des anglophones (et par voie de conséquence leurs traducteurs). Dans cet ordre d'idée, j'apprécie l'idée qu'un traducteur anglais garde parfois un mot français parce qu'il ne lui trouve pas d'équivalent exact en anglais (je suppose que c'est ainsi que le mot rendez-vous a déteint sur leur langue). C'est de ce respect de la culture des autres et de mon intérêt pour les langues étrangères que mon amour pour ma propre langue se nourrit.
En ce jour d'élections (et alors que la FN est présent au troisième tour dans ma région), je suis contente de rappeler que c'est par l'autre et par sa différence qu'on apprend à forger sa propre identité.

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commentaires

claudel 21/03/2010 12:30


Ça me rappelle l'histoire de Marie Curie que je lisais dans Line (le pendant de Spirou chez les filles), ça me fendait le coeur quand je lisais que les enfants n'avaient pas le droit de parler
polonais.
Je ne suis pas contre qu'un traducteur laisse un mot dans la langue originale avec une petite note accompagnatrice SI, et vraiment SI, il n'y a pas de traduction possible ou existante. Ce que je
déplore c'est, dans le langage oral surtout, le choix de mots anglais ou, pire, de tournures anglaises quand le mot français existe.


Profil

  • isa
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)
  • Isa, jeune auteur qui parle beaucoup avec les doigts (avatar ©Luis Royo)

Paru !

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